Un témoignage précieux sur la mutation rurale de l'après-guerre, un fabuleux voyage dans le temps.

Nos-Racines-Paysannes-Ouest-France

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Pour ce fin connaisseur du monde paysan, c'est de la rencontre avec un couple d'agriculteurs octogénaires, originaires de la Sarthe (écrivain à ses heures perdues pour l'homme) qu'est né le dernier livre de Pierrick Bourgault.

 

L'ouvrage est constitué d'une trentaine de courts chapitres richement illustrés d'images en noir et blanc comme autant d'instantanés de la vie quotidienne des cent cinquante dernières années en milieu rural. Citons par exemple « cheval mon associé » sur l'importance de la traction animale, « la lumière électrique » symbole de l'arrivée du progrès dans les campagnes ou encore « l'engrenage de l'engrais » sur les méfaits de l'agriculture intensive.

 

On ne pourrait y voir qu'une sorte de nostalgie de temps révolus, ce dont se défend Louis Lebourdais le personnage central du livre. Loin de lui l'idée du « c'était mieux avant »

Les écrivains, bourrés de regrets attendris pour un monde qu'ils n'ont pas connu car ils n'ont pas travaillé à la ferme, agacent notre couple de retraités. Même Hugo et Giono en prennent pour leur grade, note l'auteur.

 

Quant au titre de l'ouvrage ce n'est pas par hasard s'il s'intitule : « Nos racines paysannes ». Quand on sait qu'avant la seconde guerre mondiale une majorité de français vivaient encore à la campagne.

 

Mais les interroge-t- on encore les « anciens » ? «  C'est fou ce qui se perd dans les maisons de retraite.Il y a des tas de gens à qui on ne demande rien » déplore l'auteur, reprenant les propos de l'écrivain paysan. Un constat qui fait écho à ce fameux proverbe : Un vieillard qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle.

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir près de chez soi des grand-parents à questionner pour les faire parler de la vie d'avant dans les campagnes.

Au delà de ces tranches vies racontées avec simplicité et talent, c'est une nouvelle fois la question centrale de la transmission de générations en générations qui se pose. Avec le sentiment parfois que la chaîne s'est rompue.

Heureusement il reste les livres tels ceux de Pierrick Bourgault, véritable passeur d'histoires et médiateur des mémoires.