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Baltique(s)
Avec "Baltique(s)", Claude Vautrin signe un livre dense et documenté en pleine actualité géopolitique, qui pourrait s'avérer un compagnon de voyage fort utile.
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Baltique(s)
Avec "Baltique(s)", Claude Vautrin signe un livre dense et documenté en pleine actualité géopolitique, qui pourrait s'avérer un compagnon de voyage fort utile.

Mieux connaître les pays baltes pour appréhender ce qui les rassemble et ce qui les différencie (chose pas toujours aisée pour des non initiés), tel est en substance le propos du livre de Claude Vautrin.


On les appelle sous le terme générique de “pays baltes”. On les situe sans trop de précision dans le nord de l'Europe dans le voisinage de la Scandinavie. C'est vrai que leurs noms mêmes, la Lituanie, l'Estonie et la Lettonie avec leurs terminaisons communes et leurs proximités phonétiques ne facilitent pas les choses !


Les "trois sœurs" comme on les désigne parfois ont partagé un destin commun souvent tragique. Leurs histoires respectives se recoupent et se confondent de temps à autre. Mais chaque pays possède sa propre singularité et sait cultiver ses particularités.


La forêt est un élément consubstantiel de la physionomie des pays baltes et même au delà, de leurs âmes, pour notre auteur, vosgien, comme il aime à le rappeler... Un proverbe letton ne dit-il pas : “La forêt est le manteau des pauvres”. Elle sait se montrer généreuse pour ces peuples de "cueilleurs" en alimentant les cuisines baltes. Cuisines qui, dans toutes leurs diversités, ont permis de réaffirmer leurs identités nationales face à l'adversité, relève Claude VAUTRIN. La forêt, refuge et lieu de résistance contre l'occupant russe dès 1940 où "les frères de la forêt" luttèrent pour la liberté.


Unis, les pays baltes l'ont été aussi dans leur combat pour l'indépendance dont le fait le plus marquant fut “la voie balte". Une chaîne humaine regroupant un demi million de personnes sur près de 600 kilomètres le 23 août 1989, de Vilnius à Tallin en passant par Riga, les capitales des trois pays. Autre point commun, (qui pourrait presque prêter à sourire, si la Russie n'était pas en train d'envahir l'Ukraine,) on trouve plus de 30 ans après l'indépendance dans chaque capitale balte, un musée du K.G B. ( les services secrets soviétiques).


En revanche, sur la question de “l'ancien occupant” en d'autres termes des minorités russes les positions de la Lettonie, de l'Estonie et de la Lituanie divergent en fonction de leurs importances respectives. Autre différence, linguistique cette fois, entre le lituanien et le letton langues proches du sanskrit et l'estonien une langue “ouralienne” proche du finnois (parlé en Finlande). Une Estonie qui justement regarde plutôt vers la Scandinavie, dont elle se sent plus proche et pas seulement sur le plan géographique.


Le livre de Claude VAUTRIN fait aussi indirectement penser à une double actualité. La première, tragique, avec la guerre qui fait rage en Ukraine depuis quelques jours. L'auteur note que “le conflit géorgien en 2008, les tensions russo-ukrainiennes autour de la Crimée , la guerre du Dombass engagée en 2014 n'ont pas manqué d'engendrer de mauvaises ondes sur la Baltique”. La seconde, plus joyeuse, puisque Kaunas en Lituanie est devenue en 2022 Capitale européenne de la culture tandis que Vilnius la capitale du pays s'apprête à fêter les 700 ans de sa création.


Bien documenté, d'un grande densité, Baltique(s) ne se présente pas comme un guide touristique, mais “L'art d'escargoter” recommande vivement sa lecture à toute personne se rendant dans les pays baltes. Il s'avérera un compagnon de voyage fort utile.


Merci aussi à "Magellan & Cie", car c'est bien connu : pas de bons livres sans de bons éditeurs !

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