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janvier 2021, Editions de l'Aube

David Medioni

Etre en train

Récits sur les rails

Prendre le train est une aventure. Instantanés de voyage, réflexions sur la place du train dans nos vies et sur son avenir dans nos sociétés peuplent cet ouvrage. Qui sommes-nous quand nous sommes sur les rails ? Qui sont ces voisins que nous ne connaissons pas mais avec lesquels nous allons partager une certaine intimité, parfois pendant de longues heures ? Que disent de nous nos "tics de train" ? Que nous l'empruntions pour le plaisir ou pour le travail, le train offre une suspension du temps dans un espace clos, que chacune ou chacun d'entre nous expérimente plus ou moins régulièrement. David Medioni est journaliste, fondateur et rédacteur en chef d'Ernest.

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« Le monde est un livre suffisant. »

Montaigne

Chronique de la rédaction

Être en train, récits sur les rails
Un essai de David Médioni
publié en janvier 2021 aux Editions de l'Aube


 
UNE CHRONIQUE DE DIDIER VORS
 

L'ouvrage aurait pu tout aussi bien s'appeler « Trains de vies » tant il fourmille d'anecdotes et d'observations fines sur nos tics, manies et autres travers de voyageurs en train.

 

Son auteur est à n'en point douter à classer parmi les « ferroviphates », les amoureux des trains... mais un ferroviphate d'un genre particulier : il ne s'intéresse pas au train en temps que machine, il décrit peu ce que l'on voit du train. De même que les bâtiments voyageurs - à l'exception de l'excellent chapitre sur les « gares perdues » (ces nouvelles gares T.G.V surgies de nulle part), avatars selon nous d'une pseudo modernité - sont peu présents.

 

Non, son propos, ce qui rend son livre particulièrement original, c'est de s'intéresser au peuple des voyageurs en train. Il les observe, les écoutent, capte leurs lectures, dissèque leurs comportements : il « sociologise » pour employer sa propre expression. On sent l'expérience vécue : ah la guerre de l'accoudoir ! Ainsi l'auteur a emprunté durant un an tous les types de trains circulant dans l’hexagone du T.G.V au T.E.R en passant par les Inter-Cités jusqu'au Thalys, la quintessence du train européen.

 

Rien de semblable pour l'auteur entre les trains de nuit (et oui il en existe encore...) et l'effervescence du train des vacances. De même que le silence du premier train du matin ne saurait être comparé à celui régnant dans les compartiments de 1ère classe.

 

Patrick Médioni ne manque pas de s'interroger sur sa « passion clandestine » et sur ce qui lui fait préférer le train par rapport aux autre modes de déplacements courants : « La voiture qui stresse et fatigue le conducteur ou l'avion qui anesthésie le voyageur et uniformise le voyage avec ses aéroports tous semblables ».

 

L'auteur ne manque pas de rappeler aussi que le train se trouve au cœur de l'actualité avec tous les questionnements sur le devenir des petites lignes, le retour des trains de nuit et la place du fret ferroviaire.

 

Enfin Patrick Médioni n'oublie pas les trains que l'on n'a pas pris ou les trains que l'on ne prendra pas comme une belle métaphore de la vie elle-même. Il croit avec enthousiasme au retour en force du train comme parangon de notre liberté. On ne demande qu'à le suivre !