Le Grand Tour
Le Grand Tour

Quand des artistes nous interrogent sur le tourisme de masse et ses travers. Indispensable et salutaire.

Un voyage au coeur du voyage...


En ces jours difficiles de pandémie mondiale, voyager est devenu un rêve  nostal-gique pour certains, une activité obsolète pour d’autres. Voyageur ou touriste, tous, nous sommes impactés par la fermeture des frontières et les restrictions de cette mobilité qui nous était naturelle hier encore, une liberté pour les un, un luxe pour les autres. Alors, avec les 36 artistes de l’exposition, partons ensemble pour un "Grand Tour", un voyage au cœur du voyage, de son industrie, de ses paradoxes, des désirs qu’il assouvit et des réflexions qu’il suscite.


À l’origine était donc ce qu’on appelait "le Grand Tour" : un voyage d’éducation, parfois considéré comme initiatique, qu’effectuaient les jeunes gens appartenant aux familles des plus hautes classes sociales européennes, à la découverte de la culture greco-latine, une tradition dès le milieu du 16ème siècle. Destiné à parfaire leur éducation, le Grand Tour, de siècle en siècle, amena les voyageurs de plus en plus  loin, inventant l’Orient et les esthétiques du voyage. Plus tard, l’arrivée des congés payés "démocratise" l’idée du voyage, qui devient vacances et loisir, puis tourisme  de masse. 



... de couchers de soleil mythiques en parts obscurs


Aujourd’hui le "Grand Tour" n’existe plus vraiment, mais jusqu’à il y a quelques mois encore, tout était devenu prétexte au tourisme, une des activités les plus essentielles de la société de loisirs dont nous étions à l’apogée, pivot économique majeur de nombreux pays, mais questionnant de nombreux enjeux culturels, politiques et  écologiques. 


Le nomadisme, le voyage, le déplacement, semblaient constituer le mode de vie le  plus contemporain et le plus enviable. Pourtant le drame des migrants nous disait  que les frontières sont loin d’être abolies : touriste et migrant s’érigent alors en deux  figures inconciliables du voyage, se croisant parfois dans le même espace. Dans le même temps, l’injonction écologique voulait qu’on ne voyage plus. 


A l’heure  de cette alerte absolue, pouvait-on encore être touriste, partir en croisière ou  prendre l’avion pour un week-end à New York sans savoir que l’on mettait en danger ce monde même que l’on était venu admirer ? Le monde entier à portée de quelques heures de vol : partir, partir... Comment expliquer cet attrait de l’ailleurs, ce fantasme du lointain, hier nourri de littérature, aujourd’hui à grand renfort de réseaux, de médias, de publicité ? Ainsi se dessinait  la carte du monde contemporain comme espace touristique total, de couchers de soleil mythiques en parts obscures.

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