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« Le monde est un livre suffisant. »

Montaigne

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juin 2021, Editions Ouest France

Pierrick Bourgault

Nos racines paysannes

Louis et Lucienne, Souvenirs d'agriculteurs

Louis et Lucienne ont parcouru le siècle : ces amoureux de 95 et 97 ans racontent avec talent l'évolution du monde. Ils témoignent d'un climat et de paysages disparus, de connaissances oubliées, de modes de vie singuliers. Nos anciens sont passionnants à écouter. Ils nous donnent une évocation puissante d'un passé proche, de cet Ouest de la France que l'on croit connaître mais dont le mode de vie fut si différent du nôtre.

Chronique de la rédaction

Nos Racines paysannes
Un témoignage recueilli par Pierrick Bourgault
publié en juin 2021 aux Editions Ouest France

 
UNE CHRONIQUE DE DIDIER VORS
 

Pour ce fin connaisseur du monde paysan, c'est de la rencontre avec un couple d'agriculteurs octogénaires originaires de la Sarthe (écrivain à ses heures perdues pour l'homme) qu'est né le dernier livre de Pierrick Bourgault.

 

L'ouvrage est constitué d'une trentaine de courts chapitres richement illustrés d'images en noir et blanc comme autant d'instantanés de la vie quotidienne des cent cinquante dernières années en milieu rural. Citons par exemple « cheval mon associé » sur l'importance de la traction animale, « la lumière électrique » symbole de l'arrivée du progrès dans les campagnes ou encore « l'engrenage de l'engrais » sur les méfaits de l'agriculture intensive.

 

On ne pourrait y voir qu'une sorte de nostalgie de temps révolus ce dont se défend Louis Lebourdais le personnage central du livre Loin de lui l'idée du « c'était mieux avant ».

Les écrivains, bourrés de regrets attendris pour un monde qu'ils n'ont pas connu, car ils n'ont pas travaillé à la ferme, agacent notre couple de retraités. Même Hugo et Giono en prennent pour leur grade, note l'auteur.

 

Quant au titre de l'ouvrage ce n'est pas par hasard qu'il s'intitule : « Nos racines paysannes ». Quand on sait qu'avant la seconde guerre mondiale une majorité de français vivaient encore à la campagne.

 

Mais les interroge-t-on encore les « anciens » ? « C'est fou ce qui se perd dans les maisons de retraite.Il y a des tas de gens à qui on ne demande rien », déplore l'auteur, reprenant les propos de l'écrivain paysan. Un constat qui fait écho à ce fameux proverbe : Un vieillard qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle.

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir près de chez soi des grand-parents à questionner pour les faire parler de la vie d'avant dans les campagnes.

Au delà de ces tranches vies racontées avec simplicité et talent , c'est une nouvelle fois la question centrale de la transmission de générations en générations qui se pose. Avec le sentiment parfois que la chaîne s'est rompue. Heureusement il reste les livres tels ceux de Pierrick Bourgault, véritable « passeur d'histoires »  et médiateur des mémoires.

Pour aller plus loin : https://www.monbar.net/