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  • Didier Vors

Les maisons d'assemblée : un remarquable patrimoine alti-ligérien

De loin, elles ressemblent à s’y méprendre à de petites chapelles. Elles sont consubstantielles de l’histoire de la Haute Loire et représentent un peu l’âme de cette partie de l’Auvergne. On les appellent les « assemblées » ou encore « maisons d’assemblées » Elles abritaient les « béates » des femmes pieuses chargées de l’éducation des enfants. Partons à leur découverte.



Un même modèle, présent sur presque tout le département

Construites au XVIIIe siècle à leurs frais par les habitants des villages, on trouve des maisons d’assemblée dans presque tout le département. Elles présentent à peu près toutes les mêmes caractéristiques : une surface au sol de 30 à 40 mètres carrés, un toit de lauzes (en pierre calcaire, schisteuse ou volcanique) chapeauté par une arcade qui abrite la cloche (seul édifice à en posséder une avec l’église), qui rythmait la vie des habitants.


Ces maisons étaient conçues sur deux niveaux :

  • Au rez de chaussée une salle commune ornée d’images pieuses qui servait tout à la fois de salle de réunion , de salle de classe, de catéchisme et pour les veillées.

  • A l ‘étage une pièce d’une grande sobriété pour ne pas dire austérité composée d’un lit d’une table, d’un prie dieu et d’une pierre d’évier.




Qui étaient les béates ?

Souvent assimilées à des religieuses, les béates (du latin beata : bienheureuse) étaient des femmes laïques, célibataires, chargées de l’éducation des enfants, de l’enseignement de la dentelle et de l’accompagnement religieux des communautés villageoise et l’aide aux malades. Elles étaient nourries par les habitants des villages qui leur procuraient aussi le bois de chauffage.



En 1881, avec les Lois Jules Ferry (du nom du Ministre de l'Instruction publique) qui rendent l'école primaire publique gratuite et laïque, elles perdent le droit d’enseigner. La dernière béate s'est éteinte en 1967. Les béates sont même devenues des personnages de santons typiquement alti-ligériens au côté des pénitents blancs du Puy-en-Velay et des pèlerins en partance pour Saint-Jacques-de-Compostelle.



Un patrimoine encore visible

Les maisons d’assemblée sont encore visibles dans la plupart des villages et hameaux de Haute-Loire où il est fréquent de trouver des rues de l’assemblée. Quelques-unes, restées la propriété des communes, ont été transformées en lieux de mémoire et d’exposition, parfois en gîtes ruraux. D’autres maisons de béates, les plus émouvantes, sont restées en l’état avec leur modeste ameublement, à l’image de celle de La Vacheresse (commune des Estables) devenue un écomusée.



Par leur simplicité et le témoignage du mode de vie de nos aïeux plus ou moins lointains, ces assemblées parlent à tous les visiteurs, quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques.


 

Pour aller plus loin :

Histoire des Maisons de la Béate, Haute-Loire

A lire : Les béates et les Maisons d'assemblée dans le département de la Haute-Loire, Éditions Créer

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