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Turin: L'autre ville du cinéma

  • Didier Vors
  • 31 juil.
  • 3 min de lecture
Musée national du cinéma Turin
Musée national du cinéma Turin

Turin aime le cinéma et le cinéma aime Turin ! Une romance qui naît le 7 novembre 1896. C’est en effet très précisément ce jour-là qu’eut lieu la première soirée de cinéma dans la toujours actuelle rue Pò.

Le choix de Turin s’explique en partie par la proximité géographique avec Lyon, berceau du 7ᵉ art. Ainsi, à l’initiative des Frères Lumière, les géniaux inventeurs du cinéma, les premiers opérateurs partirent, tels des missionnaires, répandre à travers l’Europe cet art émergeant.Voilà comment la première capitale du jeune État italien voyait naître l’industrie cinématographique transalpine.Dès lors le cinéma ne devait plus quitter la cité subalpine pour devenir au fil du temps un élément constitutif de son histoire.


Un festival de festivals.


Le terme n’est point exagéré si l’on songe à la multitude d’événements consacrés au 7ᵉ art.Impossible pour qui visite Turin à la fin du mois de novembre d’ignorer qu’il se passe quelque chose d’important dans la ville tant le Torino Film Festival semble présent et prégnant.Immenses affiches à la gloire du cinéma et de ses gloires ! Fichiers interminables de spectateurs occupant les trottoirs, effervescence des grands jours : l’événement envahit pacifiquement le centre-ville.Un temps dirigé par le célèbre réalisateur Nanni Moretti, le rendez-vous est devenu au fil des ans presque autant apprécié que la Mostra de Venise.Derrière la vitrine que constitue Le Torino Film Festival se cachent d’autres rencontres dédiées au grand écran de niveau national ou international. Citons entre autres:

Le festival gay et lesbien, le festival international du film de femmes, le Toronto Horrorfilm Festival, le festival du cinéma de l’environnement.

Mention particulière pour le « Dicciotto Film Festival », qui, comme l’indique son nom italien, promeut la production de films des moins de dix-huit ans.



La Mole Antoniella, haut lieu... du cinéma


Curieux destin pour ce monument symbole de la ville, conçu à l’origine pour accueillir la communauté israélite de la ville : il resta longtemps inoccupé, pour se transformer finalement en l’an deux mille en musée international du cinéma.

La Mole, comme l'appellent les Turinois, le plus haut édifice du monde à ce jour construit entièrement en maçonnerie, culmine fièrement à cent soixante-sept mètres.

L’intérieur du bâtiment à l’esthétique recherchée comblera les passionnés de septième art tant par la grande richesse que par l’étendue de ses collections.

Le musée convie de manière intelligente et ludique le visiteur à une découverte didactique de l’histoire du cinéma des origines à nos jours (une visite approfondie de l’ensemble des collections requiert la demi-journée).

Travaillant en synergie avec les autres acteurs de la filière cinématographique, il reste le principal partenaire des cinémas et gère la partie financière des festivals

Turin fait son cinéma


Lieu de tournage de nombreux films, source d’inspiration de cinéastes importants, Turin respire le cinéma.« Cabiria », réalisé en mil neuf cent quatorze, digne des meilleures superproductions hollywoodiennes, employa vingt mille figurants, soit le cinquième de la population de l’époque.

Parmi les autres longs métrages tournés dans la ville, citons : « Il Divo, La meglio gioventù, Doppo mezanotte, a culpa di Guida et Vincere ».

Si, comme on le voit, un nombre croissant de cinéastes choisissent Turin comme cadre de leurs œuvres, cela ne doit rien au hasard mais plutôt à l’action de la « Torino è Piemonte film commission », la plus active d'Italie, une structure d’aide à la création cinématographique dont l’équivalent français pourrait être Rhône-Alpes Cinéma, pour ne citer que celui-là.



Les Turinois publics de cinéphiles éduqués et avertis peuvent compter sur la vitalité du réseau des cinémas art et essai. Ce n’est point par hasard que la ville abrite le siège de l’association italienne des cinémas d’art et essai.

Pour assouvir ses envies de nouvelles bobines le grand public dispose (tous genres confondus) d’un parc de soixante écrans uniquement intra muros auxquels s’ajoutent ceux de la périphérie.Alors si Rome est éternellement la ville de « CineCittà » Turin est définitivement la « Città del ciné » !


Le cinéma Massimo, l'un des lieux de projection du Torino Film Festival
Le cinéma Massimo, l'un des lieux de projection du Torino Film Festival

Credits photographiques :

Museo nazionale del cinema Torino


Pour aller plus loin :



Autres festivals de cinéma à Turin ( Gay et lesbien, films de femmes,films d’horreur, environnement enfance et jeunesse )



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