"Horreos" et "espigueiros": un patrimoine ibérique méconnu
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Les « horreos » de Galice et des Asturies Le mot galicien «horreo» tire son nom du latin « horreum», un terme utilisé pour désigner les édifices destinés à la conservation des grains (mil, blé, maïs). Ces constructions existent depuis des temps immémoriaux. Ce qui fait dire à ses propriétaires«yo siempre recuerdo ahi» ce que l’on pourrait traduire par: Je les ai toujours vus ici» Leur représentation la plus ancienne, avec ses trois greniers rectangulaires, date du XIIIème siècle dans les Cantigas de Santa Maria (chants à caractère religieux).Quant au plus ancien grenier encore debout , il date du XVème siècle. Bien que les greniers rectangulaires soient les plus répandus, on en rencontre aussi certains de forme carrée (plutôt dans les Asturies), ronde, octogonale et même en «L». Quant aux matériaux utilisés, on trouve essentiellement le bois ou la pierre, voire les deux en même temps. Leur forme pouvait varier en fonction du type de grain à conserver, de la fantaisie du constructeur mais aussi des moyens financiers du propriétaire. Les horreos asturiens présentent la particularité d’avoir des toits en chaume, en ardoise ou encore en mosaiques . Certains horreos se distinguent par leur exceptionnelle longueur tel celui de Araéno avec ses 37 mètres ou encore celui de Poio avec une capacité de stockage de 123 mètres cubes soutenus par 51 piliers. Impossible de connaître leur nombre exact, on l’estimait au début du millénaire à 30000 environ. Mais du fait de l’exode rural, leur disparition s’accentue. L’état espagnol ayant pris conscience de leur grand intérêt patrimonial ils sont désormais protégés par un décret promulgué en1973. Les « espigueiros » du Portugal Souvent similaires de leurs voisins galiciens, au Portugal les greniers portent le nom de «espigueiros». On les trouve principalement dans le nord du pays, régions du Tras Os Montes et dans le Minho (limitrophe de la Galice). Deux sites abritent de remarquables concentrations d’espigueiros. Le premier à Lindoso dans le parc national de Penada Geres (l’un des endroits les plus sauvage et verdoyant du pays) On dénombre cinquante greniers entièrement en pierre, datant des XVII et XVIIIème siècle. Conçus comme des tombeaux avec leurs dalles en granit reposant sur des piliers et leurs sommets ornés de croix (sensées chasser les esprits maléfiques) ils évoquent de petites chapelles. Le second site exceptionnel se situe dans le village de Soajo u cœur de la Serra Amarela (à quelques kilomètres de l’Espagne) et ses vingt-cinq espigueiros sur pilotis. Ici chaque maison semble posséder son propre grenier. Le plus ancien date de1792. Suivant l’exemple de son homologue espagnol, le gouvernement portugais a classé l’ensemble des espigueiros de Soajo comme lieu d’intérêt public en 1983. Terminologie ( source wikipédia) Le terme générique espagnol est hórreo (prononcé /ˈoreo/). Localement, on désigne ce genre de construction par horriu, horru (asturien), horriu (léonais), hurriu (parler cantabre), hórreo, paneira, canastro, piorno, cabazo (galicien), espigueiro, canastro, caniço, hôrreo (portugais), garea, garaia, garaixea (basque). Les piliers soutenant l'édifice sont nommés pegollos (asturien), esteos (galicien), espigueiros (portugais), abearriak (basque) et leur terminaison plate mueles ou tornarratos (asturien), vira-ratos (galicien), zubiluzea (basque). Crédits photos Didier Vors portugaldunord.com https://www.novo-monde.com/asturies Pour aller plus loin : Une sélection de sites de photographies https://horreosdegalicia.com/ (un site extrêmement complet en espagnol) https://www.turismoasturias.es/blog-fr/-/ blogs/les-horreos-greniers-des-asturies-un-reve-dans-les-airs http://portugaldunord.com/soajo-dans-le-parc-national-peneda-geres/

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