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Calella : Quand le tourisme entre au musée

Quand on connait les dommages qu’a pu causer la sur urbanisation due au tourisme de masse, on peut considérer que la ville de Calella a été assez préservée à la différence de certaines de ses voisines. Même si on trouve aussi quelques grands complexes hôteliers, le lot commun de bien des stations balnéaires de la côte espagnole.


Calella la catalane


A Calella ,l’accès au front mer est assez aisé et le paseo maritime très agréable à arpenter.Elle reste une ville à taille humaine qui a su préserver son identité catalane mais sans ostentation et où l’on trouve une vraie vie locale. Elle s’enorgueillit d’accueillir depuis 1927 un « aplec de sardanes » : un rassemblement des danseuses et danseurs de sardanes (la danse traditionnelle des pays catalans) Ce qui en fait l’événement le plus ancien de toute la Catalogne qui se déroule chaque année au début du mois de juin.

Il fait bon flâner dans la vieille ville où l’on s’imprègne vite de l’ambiance joyeuse qui règne dans les longues rues piétonnes.





Mais ces déambulations ne sont pas sans surprise. Pour preuve cette plaque commémorative accrochée sur la façade extérieure de l’église. Le texte original en catalan dit :

« Que el seu record faci que aquest segui l’ultim enfrontament entre germans. La ciutat de Calella a tots el caiguts de la guerra 36/39 »

Que l’on peut traduire par : « Que leur souvenir fasse que ceci soit la dernière confrontation entre frères. La ville de Calella à tous les morts de la guerre 36 /39. »

Un témoignage tout à fait singulier et non partisan, mais pour tout dire assez surprenant quand on sait le sort que l’armée nationaliste a réservé à la Catalogne républicaine.


Le tourisme, objet muséal

On accède au musée par le hall d’accueil appelé vestibul (sa dénomination locale) avec sa phrase de bienvenue déclinée en plus de 120 langues étrangères. Au mur sont affichées les principales données globales sur le tourisme dans le monde. Ce qui permet au visiteur d’entrer directement dans le vif du sujet. Il rappelle l’universalité du tourisme, une criante évidence dans notre monde globalisé.

La visite se poursuit dans ce qui est le principal espace du musée entièrement consacré à l’histoire du tourisme depuis sa naissance. Il met en scène ses principales étapes et évolutions jusqu’aux toutes dernières tendances. Sont évoqués : la préparation du voyage, le départ, l’arrivée, les principaux moyens de déplacement, la gastronomie, et la dimension patrimoniale du tourisme.


Puis les visiteurs accèdent à un troisième espace astucieusement dédié à Calella et sa région. Il montre la vie et la ville d’avant le tourisme et interroge sur ses rapports au tourisme.

Il est aussi pensé comme un hommage à celles et ceux qui qui ont permis la mutation de Calella « en une destination touristique de qualité » dixit les concepteurs.

La déambulation s’achève par la salle « Mutur » un espace aux doubles fonctions puisqu’il propose à la fois des expositions temporaires et un espace documentaire à destination des enseignants et chercheurs.

Au final le pari du Mutur , ouvert en 2016, s’avère plutôt réussi Cette idée originale et innovante donne du sens à l’activité touristique. Il reste, à l’exception notable du musée croate du tourisme à Opatija ( région de l'Istrie , en Croatie) ,un objet sans égal.


Crédits photographiques :Musée du tourisme de Calella et Didier Vors


Pour aller plus loin :

https://www.museudelturisme.cat/

https://www.costadebarcelonamaresme.cat/fr






Le coin du ferrovipathe :










Accès en train à Calella depuis la France :







Train régional ( T.E.R.)depuis Toulouse, Narbonne et Perpignan jusqu’à Port Bou






( frontière espagnole).








Puis trains régionaux catalans ( Rodalies)





De Port Bou à Maçanet Massanes ( Ligne R11 ) et ligne R 1 direction Barcelona arrêt Calella.