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  • Geneviève Guihard

A la découverte du Haut Pays d'Orb (Hérault)



Un territoire méconnu

Ce Pays d’Orb a eu ses heures de gloire dans la période médiévale. Aux 18e et 19e siècles, il a connu une activité industrielle florissante. Ses mines de charbon, gisements d’argent, de bauxite ont permis de développer une petite sidérurgie, une industrie drapière avec la culture du genêt. L’agriculture a prospéré par l’exploitation des châtaigniers, avec quelques vignobles agrippés aux coteaux retenus par des murets en pierres sèches. Cette richesse a généré un bâti industriel intéressant. Les nombreux fours à chaux l’attestent. Une architecture rurale et civile de belle facture s’est aussi constituée. Les habitants vivaient en autosuffisance et parfois en autarcie complète. C’était un écosystème satisfaisant.


Le village médiéval de Roquebrun, accroché à flan de colline.
Le village médiéval de Roquebrun, accroché à flan de colline.


L’arrivée du chemin de fer, la mécanisation a signé le déclin de cette belle prospérité. Le territoire a perdu nombre de ses habitants. L’attrait des rivages et plages de sable blond de la méditerranée, au sud du département, lui a été préféré. Deux fleurons économiques résistent aujourd’hui à cette déprise : la viticulture grâce aux labels AOC obtenus en Saint-Chinian et Faugères. Le thermalisme en dermatologie récemment développé à Avène.


Un Tourisme vert et patrimonial de qualité

Cette haute partie des Monts d’Orb est campée dans un paysage d’une beauté à couper le souffle, un paysage de cinéma, traversé par le petit fleuve capricieux et torrentiel : l’Orb, né en Ardèche et finissant son cours en mer Méditerranée. Voilà pour un superbe Tourisme Vert.


Le Tourisme Patrimoine n’offre pas de grandes cathédrales emblématiques, ni de bâtisses industrielles en friches et spectaculaires, mais un exceptionnel patrimoine bâti parfois en dormance et plutôt soigné. Avant tout, un patrimoine religieux médiéval composé de chapelles, sanctuaires, prieurés, presbytères, témoins d’une grande ferveur populaire. Un bâti civil et rural, un bâti de défense avec forteresses et Tours de Guet, le complètent.


Prieuré de Saint Julien © G.Souche
Prieuré de Saint Julien © G.Souche


L’attractivité de ce territoire est en train de renaître grâce à la vaillance, l’enthousiasme de quelques habitants bénévoles regroupés en une Fédération Patrimoines Hérault Tourisme accueillant aujourd’hui 14 associations. Ces Héros de l’Hérault se battent pour le faire vivre et revivre, n’attendent que vous pour une visite, un soutien, un encouragement. Ce sont les derniers des Mohicans ambitieux pour leurs Monts d’Orb, territoire qu’ils ne veulent pas voir dépérir. Créer des synergies nouvelles pour asseoir l’attractivité de leur territoire, se doter de moyens financiers auprès des collectivités et mécènes, est leur combat.


D’authentiques villages de pierre

Comme Boussagues, un joli bourg médiéval fortifié Sa Maison du Bailli ou manoir de Toulouse-Lautrec, inscrite à l’Inventaire, se visite. Elle a bien été léguée au peintre mais il n’y est jamais venu. Portant ses murs et sa pendule défoncée racontent une bien étrange histoire de fantôme, de spectre… L’accès au label Plus Beau Village de France, amplement justifié, ferait la fierté des Boussagoles.


Ou encore Lunas, sa chapelle Notre Dame de Nize et la Fontaine des Yeux. La ferveur populaire a suscité un engouement pour cette Fontaine dont l’eau bienfaisante, analysée, n’a rien révélée de particulier. Pourtant de nombreux pèlerins s’y délassent les yeux et laissent la trace de leur passage par un petit chiffon mouillé accroché aux branchages. Comme un remerciement des bienfaits ressentis.


À voir également : Colombières sur Orb sa Tour Carrée médiévale du 11ème siècle, vestige d’un ancien château médiéval, bâti sur le Castrum par le seigneur du lieu, est à présent sauvegardée grâce à L’Association « Colombières d’hier et d’aujourd’hui », portée par la pétillante Lindsey. Explorations et fouilles y sont poursuivies. Montée spectaculaire par un chemin épierré en partie dégagé. Vue étonnante de beauté sur les collines douces des monts d’Orb, en haut de la Tour de Guet. L’inoubliable Colombiérois Jean-Claude Carrière, écrivain-scénariste, raconte savoureusement son enfance heureuse au village dans l’ouvrage « Le vin bourru ».


Ainsi que Olargues classé en 1992 Plus Beau Village de France, label très courtisé et fierté des 700 âmes du lieu, ce village fortifié, doublement remparé procure un grand plaisir à parcourir à pied. Une singularité : ses nombreux ponts sur la rivière Le Laur dont le pont construit par Eiffel, portion de l’actuelle Voie Verte, et l’étonnant Pont du Diable à dos d’âne. Tout Olargues, ses mille et une pierres, ses trottoirs en marbres est un enchantement.


Olargues, village médiéval situé au pied de la montagne du Caroux, dans le Parc Naturel régional du Haut-Languedoc
Olargues, village médiéval situé au pied de la montagne du Caroux, dans le Parc Naturel régional du Haut-Languedoc


Et enfin Roquebrun labellisé «Village de pierre et d’eau ». C’est la petite Nice de l’Hérault, avec ses agrumes (les oranges étaient servies à la table de Louis XIV), ses nombreuses banalités : four a pain, moulins. Ses calades, ses ponts, sa tour de guet aveugle et ses hourds, son église Saint Roch habillée de marbre local couleur griotte (marbre griotte de la Maison Blanche aux États-Unis), ses statues de bois doré classées tout comme son tabernacle, font la fierté des 600 habitants du village.



Des villages témoins de savoirs faire industriels ancestraux

Il y a tout d’abord : La Tour-sur-Orb et ses 4 Fours à Chaux, son ancienne usine de production de chaux du 19ème siècle, sa bluterie, sa carrière de pierres calcaires est en état remarquable de conservation, protégée au titre des Monuments Historiques.


Tandis qu’à Saint-Gervais-sur-Mare La Maison Cévenole des Arts & Traditions Populaires raconte les rythmes de vie et les savoir-faire des métiers d’autrefois. Nombreux objets dans leur jus, photos et images anciennes.


Citons aussi Villemagne-L’Argentière connue pour l’exploitation de ses nombreux minerais d’argent. Les monnaies étaient frappées à Villemagne comme l’atteste l’élégant Hôtel des Monnaies devenu siège de la mairie. Architecture civile raffinée offrant au regard les maisons les plus belles de France. Riche abbaye bénédictine saccagée, partiellement détruite à la Révolution. L’Église paroissiale Saint-Grégoire, aux superbes chapiteaux (12/13èmes siècles), désaffectée, à l’abandon, devenue carrière de pierres, est sauvée par le classement Monument Historique en 1980 et abrite aujourd’hui le Centre Archéologique des Hauts Cantons de l’Hérault.


Villemagne l'Argentière ouvre ses portes aux visiteurs qui rencontreront des habitants généreux et jaloux à la fois, soucieux de préserver leur identité.
Villemagne l'Argentière ouvre ses portes aux visiteurs qui rencontreront des habitants généreux et jaloux à la fois, soucieux de préserver leur identité.

Sans oublier Hérépian réputé pour ses fonderies de cloches. La dernière et historique fonderie Granier a fermé en 2011. Le village possède un intéressant Musée de la Cloche et de la Sonnaille labellisé Musée de France, installé dans l’ancienne gare (façade conservée) .


On fait agréablement tinter cloches, sonnailles et grelots avec une joie d’enfant.Chaque région avait ses propres sonnailles. Chaque berger avait une oreille musicale affinée au fil du temps. Il avait le privilège de choisir pour ses brebis la tonalité de musique qu’il affectionnait.


Un ancien chef d’atelier sonnaillier fait régulièrement des démonstrations de fabrication de cloches, sans soudure, simplement martelée. Le "battant" est en os de cheval ou d’âne.

Cela coûte moins cher et il s’use moins vite. Le collier porteur est souvent en bois de micocoulier mieux supporté que le cuir sur le cou des animaux.



Pas de tourisme excessif et dévorant mais une quiétude reposante et bienvenue, dans tous ces lieux traversés. Une autre vie s’invente ici.

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