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L'enclave  de Llivia : Un peu d’Espagne en France...

L'enclave de Llivia : Un peu d’Espagne en France...


Llivia, vue depuis la forteresse
Llivia, vue depuis la forteresse

Un avatar de l’histoire


Llivia, constitue un avatar de l'histoire, autant qu'une anomalie géographique, né sur un malentendu ! Il faut pour cela se replonger en 1659 quand fut signé le Traité des Pyrénées entre Louis XIV, roi de France et Philippe VI, roi d'Espagne qui mit fin à la guerre de 30 ans.

Il stipulait entre autres que l'Espagne céderait à la France 33 villages de la région, Llivia ancienne capitale de la Cerdagne n'était pas considérée comme un village par les espagnols. C'est ainsi que par une querelle sémantique, elle resta dans la couronne suite à un accord signé l'année suivante par Mazarin, alors premier ministre du « Roi-Soleil ».

La tor de Bernat
La tor de Bernat

Un bout de Catalogne espagnole en territoire français


Llivia constitue la seule enclave étrangère sur le territoire national, elle dépend administrativement de la province de Gérone.(Generalitat de Catalunya)

Fondée selon la légende par Hercule entre deux travaux, Lulia Libica la romaine se présente comme un gros village typique de montagne de 1500 habitants avec ses vielles ruelles au bord du Sègre. Elle s'étage entre 1200 et 1600 mètres et constitue la « comarca » (commune) la plus septentrionale d'Espagne.


Église Notre Dame des Anges
Église Notre Dame des Anges

Elle s'enorgueillit de posséder l'une des plus anciennes officines pharmaceutiques d'Europe, la pharmacie Esteva fondée en 1415. L’établissement est devenu aujourd'hui un remarquable musée municipal d'histoire locale aux riches collections.








La façade avant du musée
La façade avant du musée

Non loin de là, Juchée sur une colline, la forteresse offre une vue imprenable sur les plus hauts sommets de la chaîne des Pyrénées.

Llivia est reliée à la ville espagnole de Puigcerda ( la principale ville de la région transfrontalière) distante de 5 kilomètres par une route dite « neutre » l'une des dispositions du fameux traité des Pyrénées qui prévoyait une liaison directe et sans obstacle avec le voisin ibérique.

La frontière entre les deux pays a été formalisée assez tardivement (autour de 1850) Concernant plus précisément l'enclave de Llivia, la frontière de forme circulaire se compose de 45 bornes blanches contrôlées deux fois par an, dit-on, par la Guardia Civil espagnole et la gendarmerie côté français.


L'une des quarante-cinq bornes marquant la frontière
L'une des quarante-cinq bornes marquant la frontière

Viscéralement catalane et indépendantiste...




Mais ici, la notion de frontière est toute relative depuis l'intégration européenne et le long passé antifranquiste de la Catalogne, où le vocable « España » reste tabou.

Llivia, qui a survécu à tous les traités internationaux, se présente selon un reporter du journal espagnol A.B.C « comme un irréductible village de catalans espagnols en France »

 « Benvenguts a l'enclavament de Llivia » proclame fièrement en catalan le panneau à l'entrée du village. Fidèle à la république durant la guerre civile espagnole, Llivia, dirigée par un maire indépendantiste, reste farouchement catalane.


Si l'existence de Llivia est largement ignorée en France, il semble que ce soit également le cas en Espagne, Le même journal parlant del «  olvidado pueblo español de Francia » (le village espagnol oublié de France).


Sur le plan territorial, on présente souvent l'enclavement comme une contrainte, un handicap. Il s'agit alors de désenclaver ! Mais on peut trouver des enclavements revendiqués, assumés et heureux. C'est semble-t-il le cas de Llivia...



Crédits photographiques :


Instagram, albumphotosvoyages.fr, Turismo de Catalunya, La cosmopolitana.com, Llivia.org


Le coin du ferrovipathe :


Pour rejoindre Llivia en mode buissonnier :

Depuis Toulouse, train express régional (T.E.R.) jusqu’à Latour de Carol puis train des Rodalies de Catalunya pour Puigcerda et bus de la compagnie Alsa à la sortie de la gare.

Depuis Perpignan, train express régional (T.E.R.) jusqu'à Villefranche de Conflent et train jaune jusqu'à Bourg Madame. On termine par une petite balade d'une heure sur le « cami de Llivia »


Pour aller plus loin :


http://llivia.org/fr.html


https://www.catalunya.com/fr/continguts/territori/llivia-2-1-170947

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