
lʼart dʼescargoter

Toulouse: Capitale de l'exil républicain espagnol
A Toulouse beaucoup de lieux, tels que places, cinémas, églises, couvents, hôpitaux, prisons, cimetières, sont à jamais liés à certaines douloureuses pages de l'histoire espagnole. Dans le document “Circuit de mémoire de l'exil républicain espagnol” édité par la mairie de Toulouse, on en dénombre pas moins de 18.Citons parmi ceux-là:
La célèbre place du Capitole, cœur vibrant de la ville en toutes occasions, où les exilés venaient en masse protester contre le gouvernement nationaliste issu de la guerre. Ou encore la place Saint-Sernin et sa bourse du travail, lieu d'expression politique et syndicale des opposants à la dictature. Mais aussi les cinémas “Les Nouveautés place Carnot”, “ou ou le “Ciné Espoir”, aujourd'hui cinémathèque de Toulouse, ou encore “le Plaza” sur l'élégante place Wilson qui accueillit un congrès du P.S.O.E. (le Parti socialiste ouvrier espagnol)

Autre lieu de mémoire, la prison Saint-Michel où furent détenus des républicains espagnols entrés dans la Résistance française, et l'hôpital Varsovie où les combattants furent soignés. Sans oublier le cimetière Saint-Cyprien où reposent de nombreux réfugiés politiques comme la charismatique dirigeante de la C. N. T (Confederación Nacional del Trabajo) Federica Montseny première femme ministre en Europe.
Si l'essentiel des lieux évoqués dans le circuit de mémoire existent encore, les traces historiques sont moins visibles, le temps ayant fait son office. Mais afin de perpétuer durablement cette mémoire, un quai de l'exil républicain espagnol a été inauguré au moment de la commémoration des 70 ans de la “Retirada”, un terme espagnol signifiant “retraite” et honni par les exilés républicains car sous-entendant que la bataille était terminée. Une mémoire qui perdure aussi à travers l' œuvre due au sculpteur Joan Jorda, baptisée “monument à l'exil espagnol”, visible dans le jardin Claude Nougaro situé dans le quartier des Minimes.

On ne peut que louer cette très belle et généreuse idée de la ville de Toulouse d'avoir mis en lumière, à l'aide de ce passionnant document, la mémoire de l'exil républicain espagnol. Il nous renvoie aux heures les plus sombres de l'histoire espagnole et aux prémices, ne l'oublions pas, du 2ᵉ conflit mondial La mémoire de cette période sombre est si prégnante dans la ville de Toulouse qu'il existe un centre de documentation spécialement dédié à ce sujet. Sans compter que l'institut Cervantes (organisme d'État en charge de la diffusion de la langue et de la culture espagnoles dans le monde) possède lui aussi un important fonds documentaire sur l'exil et mène en parallèle un travail de recherche
Ce n’est pas un hasard si dans sa chanson “Toulouse” le chanteur Claude Nougaro voit aussi “l'Espagne pousser sa corne” A Toulouse deux événements témoignent de cet important héritage espagnol: le festival flamenco et “Cinespaña la principale manifestation cinématographique consacrée à cette thématique en France.
Crédits photographiques:
Georges Younes, département de la Haute Garonne, Didier Vors
Pour aller plus loin:
http://www.documentationexilespagnol-toulouse.fr
Se souvenir de la Retirada, pour ne pas oublier
https://www.monsetta.com/2016/02/joan-jorda-artiste-de-l-exil-espagnol-a-toulouse.html